Young-June Kim


La photographie de Young-June Kim est naturellement influencée par sa culture asiatique. Chaque élément de la nature correspond à une partie de l’univers et ces éléments s’unissent de façon contraire tout en se complétant, comme un ruban de Möbius ou selon le principe du Yin et du Yang. À partir de cette conception philosophique, Kim établit des correspondances entre l'homme et le monde par analogie de formes. Il met en exergue une continuité entre différentes visions prises sans hiérarchie. Qu'il s'agisse de corps vivants ou d'objets inanimés, cette égalité des formes produit des images inclassables où les regards sont mis au même niveau, abordés à qualité égale, sans titre, ni date.

Il prélève, révèle ou dépouille inlassablement des motifs jusqu’à leur épuisement, au plus près du réel comme s’ils étaient vus à travers un microscope. Son utilisation du gros plan isole les sujets. Les corps photographiés sont ramenés à une sorte de sublimation d'une forme devenue objet, décontextualisé et affranchi de toute représentation, une forme autonome, un peu à l'image d'un ready-made. A l'inverse, quand il photographie des objets, ceux-ci semblent appartenir au vivant. Ces étranges transformations formelles s'immiscent entre les registres du non-figuratif et du figuratif, du corps et de l'objet, de l'animé et de l'inanimé, de l'homme et de l'animal, de la vie et de la mort. Dans cette optique, les rapprochements formels entre corps vivants et objets inanimés pousseraient l’image vers une temporalité de l’universel.

 

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