Paul Chapellier


J’explore les collections, classements et index. Je m’intéresse à des disciplines scientifiques, qui tentent de contenir le monde, mais aussi à des objets quotidiens qui règlent et mesurent. À travers des champs d’origines différentes - minéralogie, histoire de l’art, botanique, design - je construis une archéologie subjective, “version maniable de l’ordre du monde”, où les choses et les époques sont multiples. Connoisseurship, ambition du tout et attention pour des productions marginales forment une société des objets où j’interroge notre rapport au monde à travers une réutilisation des formes du savoir.

J’utilise la photographie pour son pouvoir de fragmentation. Synonyme de transparence, la reproduction photographique est détournée : recadrage, agrandissement et isolement deviennent les agents du trouble pour extraire l’image du réel, tendant vers l’abstraction. L’image devient alors fragment et n’existe que pour elle-même. Autonome, elle revêt de multiples significations qui en font une entité mouvante et imprévisible. L’image et le sujet photographié se mélangent dans un objet où je recherche une présence particulière, mêlée d’absence.

Cette recherche photographique passe par un travail sur la matière et dans l’espace. J’utilise des matériaux pauvres et bruts. Imparfaits et impermanents, ils donnent à l’image une vie matérielle. À partir de cette existence matérielle, je mets en place un travail sur l’espace, influencé par le dispositif théâtral fait de distance et d’immersion et par l’idée de mise en scène. Les œuvres deviennent alors des acteurs dans l’espace d’exposition.

Mon travail est porté par un questionnement métaphysique autour des choses. Je m’intéresse au moment où les choses s’éloignent, où elles se retirent. Au-delà d’une opposition entre nature et culture, je recherche une existence des choses en soi, hors de l’homme.
 

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