Mélodie Daumas


 

Je construis mes images, je les fabrique, j’assemble des éléments comme un puzzle ou un patchwork. C’est un découpage du temps et des espaces, du visible et de l’invisible. Je veux faire ressentir quelque chose d’unique, exprimer différentes émotions esthétiques. C’est une sorte de chaos visuel, d’accumulation d’éléments qui fonctionnent les uns avec les autres. Dans certaines de mes compositions le dessin et la photographie ne font qu’un. Le dessin s’intègre naturellement à l’image photographique.
Ce sont des dessins organiques imaginés qui se rapprochent des tissus humains, d’êtres vivants. Dans le corps humains tous les éléments se suivent se complètent et forment un tout, fonctionnent les uns par rapport aux autres. Cette recherche se développe autour de l’imbrication formelle entre ce qui appartient au «dedans» et ce qui appartient au «dehors», dedans et le dehors du corps, mais aussi paysage environnemental et paysage intérieur, immersion et sensation.
Je suis à la recherche d’une photographie imaginaire et d’une tension entre une chose représentée et la manière dont elle est représentée. La photographie a ce pouvoir extraordinaire de pouvoir être plusieurs choses à la fois. Les branches du grand arbre deviennent des toutes petites cellules microscopiques. L’oeil créé des analogies entre les différents éléments.
Une perception déclenche immédiatement une circulation d’affects, de sensations, de souvenirs, d’associations inarticulées mais dirigées par les émotions. La psychologie a démontré à quel point percevoir visuellement met en jeu la sensibilité de chacun. Le dessin devient comme systémique, ce terme s’emploie lorsqu’une affection atteint électivement les tissus d’un système anatomique donné dans leurs diverses localisations.
Le jeu d’échelle a été un choix esthétique. J’amène le spectateur à un niveau de concentration destiné à le faire pénétrer dans un monde imaginaire microscopique. Ce sont des espaces texturals, occupés par le fourmillement de motifs, de couleurs. On ressent une sensation d’entrelacement, de compénétration, de plénitude de la matière, voire de pullulation et l’ambiguité de l’échelle. Une idée tissulaire.
La végétation est le seul sujet qui m’a permit de faire parler simultanément les voix des l’espace, du graphisme des textures, de la granulation, du format et de l’échelle.
Je suis fascinée par la végétation, par ces variations des formes, de couleurs, par les hasards de la nature. Le microscopique et le macroscopiques jouent un rôle important dans mon travail. La matière devient un espace, des fragments de mondes microscopiques où l’on peut se plonger. C’est une recherche de matière, de sensations, de rencontres entres différents éléments. J’essaye de retranscrire le naturel, l’organique, avec un jeu d’échelle car on ne sait pas si ces formes font parti de l’infiniment grand ou de l’infiniment petit, du macroscopique ou du monumental, l’imaginaire est encore mis en jeu. Mes images amènent chacun à s’évader et à ressentir son intériorité.

 

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